// MODERN ENGLISH – I Melt With You (1982)

06/04/2009

modern english - after the snowAucun doute, “I Melt With You” est LE tube de Modern English. Cette chanson aux très nets et séduisants atours pop est toutefois une sorte d’ovni dans la discographie d’un groupe de tonalité franchement post-punk.

Cependant, si After the Snow (1982) et son prédécesseur Mesh & Lace (1981) ont été publiés sur le label 4AD, c’est précisément en raison de cette tension entre énergie et esthétique, entre violence et subtilité ; dans la même veine, Bauhaus fait d’ailleurs également partie de “l’écurie 4AD” à cette époque. En puisant son inspiration — notamment — dans le rock psychédélique et dans le glam-rock, le punk est devenu post-punk : la new wave est née.

En faisant de leur reprise de “I Melt With You” (Nouvelle Vague, 2004) une sorte de comptine bossa nova gorgée de saudade, Marc Collin et le collectif Nouvelle Vague ont souligné la dimension sentimentale et mélancolique d’une chanson à la fois ancrée dans son époque, musicalement parlant, et “intemporelle” par la simplicité de ses arrangements et de son propos.

-> la version originale

-> la reprise par Nouvelle Vague

* sur le net

le “profil” de Modern English sur le site du label 4AD
la critique de After the Snow sur leonardslair.co.uk


// IT’S IMMATERIAL – Space (1986)

31/03/2009

it's immaterial - life's hard and then you dieFormé à Liverpool en 1980, It’s Immaterial est un groupe largement méconnu. Pourtant, sa discographie — maigre, il est vrai (deux albums seulement) — brille par son originalité, la diversité de ses influences et, en fil conducteur, une distance douce-amère toute britannique (la pochette de l’album en témoigne).

Le titre choisi ici, “Space”, dominé par un subtil mélange de percussions et de nappes de synthétiseurs, illustre parfaitement l’attachement de cette formation à la mélodie et au placement des voix. Chanson pop, assurément, flanquée d’une légère touche de tristesse rêveuse (de résignation ?) teintée de révolte comme seuls les Britanniques ont su l’exprimer, “Space” délivre également quelques implacables vérités (“Everybody define space in their own way, mostly by using barricades”), à l’image d’un Matt Johnson et son groupe The The.

* sur le net

quelques informations sur It’s Immaterial sur trouserpress.com


// The DURUTTI COLUMN – Sketch For Summer (1980)

29/03/2009

the durutti column - the return of the durutti column“cris d’oiseaux” samplés en ouverture, puis boîte à ryhtmes et couches de guitares cristallines en superposition et  quinconce, mélodie gracieuse et aérienne : la quintescence du “style Durutti Column” est gravée dans ce court morceau instrumental.

Vini Reilly (seul véritable maître à bord du “groupe” Durutti Column) et Factory Records — un peu à l’image des Cocteau Twins avec 4AD quelques années plus tard — fixent les canons d’une esthétique hors du temps et des modes (est-elle même vraiment new wave ?), légère, délicate et subtile, aux imperceptibles accents mélancoliques.

En plus de 30 ans de carrière, malgré les diverses expérimentations sonores pratiquées au fil d’une discographie d’une rare cohérence, jamais Vini Reilly ne s’est éloigné de ces principes fondateurs.

* sur le net

le site officiel de The Durutti Column
la critique de The Return of the Durutti Column sur bbc.co.uk


// KILLING JOKE – Love Like Blood (1985)

27/03/2009

killing joke - night timeOù la new wave, synthèse d’énergie (post-)punk maîtrisée et de constructions sonores atmosphériques, trouve l’une de ses formes les plus abouties. Si Killing Joke n’est pas le groupe le plus subtil de l’histoire du rock — loin s’en faut —, “Love Like Blood” possède néanmoins les qualités de ses éventuels défauts : la chanson est puissante, compacte et intense ; mention spéciale à une batterie particulièrement sèche et claquante, parfaitement accompagnée par une ligne de basse efficace et, osons le mot, dansante !

Compromis idéal entre grandiloquence (la marque de fabrique du groupe), impact “coup de poing” et climat saisissant, “Love Like Blood” est un véritable standard de la new wave.

extrait des paroles :
“We must dream of promised lands and fields / That never fade in season / As we move towards no end we learn to die / Red tears are shed on grey”

* sur le net

le site officiel de Killing Joke
la critique de l’album Night Time sur allmusic.com


// Isaac HAYES – Theme From Shaft (1971)

23/03/2009

isaac hayes - shaftPour le plaisir d’une intro qui subtilement et imparablement monte en puissance par ses couches successives (notamment une mémorable guitare wah-wah) et par l’entremise de l’une des meilleures sections rythmiques de l’histoire de la soul music, pour le plaisir d’une voix particulièrement chaude et expressive, (ré)écoutons le thème principal du film Shaft, pierre angulaire de la blaxploitation réalisée par le photographe, poète, musicien et journaliste Gordon Parks. “Shaft”, un morceau jubilatoire.

* sur le net

le site officiel de Isaac Hayes
un site sur le mouvement blaxploitation
la fiche du film Shaft sur Internet Movie Database